Ce livre évoque un lieu et une époque,
Grasse, de la fin du XIXe siècle à la seconde guerre mondiale.
C’est à dire en un temps ou l’activité de la
Parfumerie s’envole littéralement. Grasse au temps des parfumeurs.
Y est-il donc question de Grasse, de Parfumerie grassoise et seulement de
cela ? Non, parce que la Parfumerie agit ici comme un ferment, parce
que sa vitalité, sa « bonne humeur » se communiquent à toute
la ville, parcequ’elles la mettent en mouvement. Et que ce mouvement
est dynamique, et partant, joyeux.
Aussi, corrigeons. Ce livre évoque un lieu, une époque, et
la vie , la joie de vivre en ce lieu et à cette époque.
Mais la vie, mais la joie de vivre , où sont elles consignées ?
Il faut aller en chercher la trace au hasard d’une rue, d’un
atelier, ou d’une fête. C’est comme la rumeur d’une
foule ancienne qui ne se serait pas tue tout à fait, et dont l’écho
aurait imprégné l’air et les pierres, pour qui sait le
reconnaître. Une rumeur, une couleur ou un reflet. Et bien sûr,
un parfum. De ces choses fugaces que ne retiennent pas les livres d’histoire,
ne collectent pas les encyclopédies. Ce que seules enseignent la promenade,
la flânerie… Oui, alors ce livre est peut-être d’abord
cela, une flânerie. Une flânerie sensible et vagabonde dans une
foule en mouvement. Dans Grasse, au temps des parfumeurs.
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Grasse, au temps de parfumeurs
Jean-Michel Goux

